James Wells Champney

Boston, 16 Juillet 1843 – 1er Mai 1903, New York

James Wells Champney étudie tout d’abord, à l’age de 16 ans, la sculpture sur bois qu’il abandonne en 1862 lorsque éclate la guerre de Sécession, pour s’engager dans l’armée. Réformé pour cause de malaria, il étudie le dessin de 1864 à 1866 au séminaire du Dr Dio Lewis. En 1866, il décide de s’engager dans une carrière artistique et part étudier en Europe.

Après un court séjour à Londres, il arrive à Ecouen en 1867 où il séjourne plusieurs étés dans l’atelier de Pierre Edouard Frère avec lequel il se découvre de grandes affinités. Après de brefs passages à Anvers et en Italie, il expose sa première peinture de genre au Salon de Paris de 1869. En Mai 1873, il épouse Elizabeth Johnson Williams, originaire de l’Ohio, et ils semblent, à partir de ce moment, avoir toujours voyagé et travaillé ensemble. Leur fils aîné, Edouard Frère Champney, né le 4 Mai 1874 à Ecouen, sera architecte et le choix de son prénom montre bien toute l’influence que le maître eut sur ses élèves et la connivence qui les unissait.

Le point culminant de sa carrière fut son exposition, en 1897, à la galerie Knoedler de New York, où il présenta une série de quarante pastels intitulés Types of American girlhood.

James Wells Campbel meurt accidentellement en tombant dans une cage d’ascenseur en panne dont il voulut sortir par lui-même.

Si Champney, pour ses amis, est Wells, il signe ses oeuvres Champ.

 

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXe siècle »

John George Todd

Angleterre, Canterbury, 31 Mars 1832 – 1898, Ipswich

Lorsqu’Il arrive en France, venu de son Angleterre natale, John George Todd (qui signera George Todd est accueilli et hébergé à Écouen par Chialiva, l’hôte généreux. Ce sera sa ville d’adoption. Oubliant la ville qui l’a vu naître, le fils de George et Caroline Victorine Boulas y fonde une famille, et, après avoir été veuf de Juliette Caroline Charpentier, décédée le 21 février 1870, épouse le 19 juin 1880 Céline Augustine Françoise Régnier, à Ecouen. Chialiva est bien sûr son témoin. Il avait reconnu auparavant un fils Georges Amédée, né le 30 mai 1875. En 1875, justement, il était déjà devenu propriétaire, dans la rue de la Beauvette, à côté de la propriété d’Auguste Schenck, comme plusieurs autres peintres, et l’on qualifiait sa maison d’une des plus artistiques du village: une grille, une grosse cloche, un chien féroce, des fleurs…et une décoration intérieure recherchée, avec une foule d’objets harmonieusement disposés, que nous ont décrits Cornelia Conant et Mary Stone (1), en 1881, dans le récit de leur venue à Ecouen: «beaucoup de trésors comme des tapisseries anciennes et des meubles fantastiques, des pièces de bronze et de la porcelaine de Chine» ont été détruits durant la guerre de 1870 par les Prussiens. Il était si bien intégré que les deux américaines crurent au début qu’il était autochtone! Elles purent voir dans son atelier une scène rurale avec deux personnes, une fille et un garçon regardant au loin vers une ville éclairée par les derniers rayons du soleil.
A Écouen, dans une serre, il cultive la plupart des fleurs que nous retrouvons sur ses toiles, et qu’Émile Zola recommande chaleureusement dans son Salon de 1866, preuve de sa notoriété. Ilo devient un des grands spécialistes de natures mortes. La Royal Academy lui ouvre ses portes en 1888 ainsi que d’autres galeries londoniennes.
En 1879 il peint également un rideau de théâtre destiné au casino Rosendaël à Dunkerque.

Le Petit Journal du 23 février 1870 nous présente une lettre du journaliste L. Raymond qui demande à son directeur d’évoquer l’événement dont il a été le témoin: «La colonie artistique d’Ecouen, si nombreuse et si intéressante par les hommes de talent qui la composent, vient d’être attristée par la mort de Mme Todd, la femme du peintre des fleurs, dont les tableaux ont été remarqués aux dernières expositions du Palais des Champs-Elysées. Mme Todd n’avait que vingt-quatre ans; depuis longtemps elle souffrait d’un mal qui ne pardonne pas. Tous les artistes d’Ecouen ont tenu à donner à leur camarade et ami une preuve de sympathie: ils ont suivi les larmes aux yeux le convoi de Mme Todd. J’ai remarqué MM. Couture, Schenck, Soyer, Otto Weber, Frère père et fils, Duverger, Auffray, Dansaert, Hugot, Seignac. M. Constant Guéroult, votre collaborateur et ami, qui passe l’été à Écouen était venu de Paris pour assister à cette triste cérémonie.»
Il semble d’une part qu’il y ait eu des liens particuliers entre nos peintres et le journal, puisque plusieurs tableaux, comme nous l’avons vu, représentent des lecteurs en train de parcourir ce fleuron de la presse de l’époque. D’autre part, on pourra remarquer la très grande solidarité des hommes de cette Colonie des peintres d’Ecouen.
On notera par ailleurs qu’il est souvent confondu avec un peintre anglais homonyme de la même époque: Henry George Todd, qui était également réputé pour ses natures mortes.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXe siècle »

Portrait de Todd
Homme au chapeau

Pierre Théophile Thomas

Auxerre, 10 Octobre 1846 – 18 Juin 1916, Ecouen

Pierre Théophile Thomas fut d’abord, passionnément et avec succès, costumier de théâtre. Il commence à travailler pour le théâtre en 1871 et doit sa chance au fait d’être remarqué par Victorien Sardou (1831-1908), qui décèle immédiatement son talent, la finesse de son trait et la subtilité des couleurs qui sont les siennes.

A partir de 1871, grâce à l’influence de Victorien Sardou , il collabore au théâtre de la Renaissance et à l’Opera-Comique. Il crée de nombreuses maquettes de costumes : pour les Noces de Figaro le 29/5/1882 , la cape de Théodora pour Sarah Bernhardt vers 1884 (BNF). En 1874, costumes pour « la jeunesse de Louis XIV » d’Alexandre Dumas.
Des maquettes se trouvent à la bibliothèque de l’Opera : D216 (O.C.1), dont les costumes pour les paysannes de Dom Juan de Molière.
Il est signalé lors de la représentation de « L’Attaque du moulin », drame lyrique en 4 actes tiré de la nouvelle d’E. Zola, lequel participe au livret de L. Gallet (source : litter@incognita n°1 E. Zola librettiste).
A signaler sur le site Mascarille , photos d’Emile Zeizig, une très belle photo de costume de Théophile Thomas pour « Le roi s’amuse » de Victor Hugo (1882).
Rappel :
1873 : Jeanne d’Arc de Jules Barbier
1880 : Michel Strogoff d’Adolphe Ennery
1882 : Ninetta ; Voyage à travers l’impossible d’Adolphe Ennery ; Mères ennemies
1887 : La Tosca
1890 : Cléopâtre de Victorien Sardou

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXe siècle »

En descendant rue de l'Eglise

Paul Constant Soyer

Paris 2°, 24 Février 1823 – 17 Mai 1903, Chanteloup-les-vignes

Un des plus écouennais des peintres de la Colonie est sans aucun doute Paul Soyer, puisque sa mère, Mme Landon Pauline, déjà connue dans le monde de la gravure au burin, était venue s’installer à Ecouen dès 1856, avec son fils, né à Paris le 24 février 1823, au 11 boulevard de Clichy. Veuf de Françoise Roque (écrit parfois Roch), il épouse à Ecouen, le 9 août 1877 Joséphine Charlotte Steiger, professeur de musique à la Légion d’honneur, avec comme témoins Théophile Emmanuel Duverger et Charles Edouard Frère. Comme beaucoup, il est élève de Léon Cogniet et expose bientôt, à partir de 1847, avec le portrait de sa propre mère, à Paris, au Salon des artistes français, et ce jusqu’en 1901. Il obtient une première médaille après le Salon de 1870 et une de deuxième classe en 1882, enfin une de bronze lors de l’Exposition universelle en 1889.
Ses tableaux prennent parfois des proportions impressionnantes: celui exposé au Salon de Paris en 1870 qui nous montre des forgerons au travail fait entre trois et quatre mètres de hauteur et cinq à six mètres de largeur. C’est un des sujets préférés de l’artiste, très attaché à représenter la dureté du métier, conditions à la limite du supportable qui l’amèneront même à les peindre en pleine grève, en s’inspirant d’une œuvre de François Coppée. A propos de ce tableau, Nicolas Pierrot analyse que le peintre adopte «une composition pyramidale. A la base sont représentés plusieurs groupes d’ouvriers (des manœuvres aux mouleurs), alors que le sommet, au centre du tableau, se confond avec la figure du maître fondeur». (un Peintre dans l’usine). Alors que beaucoup d’artistes à cette époque choisissent ce sujet d’actualité pour leur toile, le critique du Paris Moderne de 1882 reconnaît que celui qui «a le mieux réussi, bien qu’il se soit un peu perdu à vouloir rendre des effets de lumière insaisissables», c’est Paul Soyer.
Un autre critique, M. Lambert, à propos de ses deux tableaux exposés au Salon de 1887 indique que «la science de l’arrangement le dispute à la recherche de l’harmonie. Tout est juste, fin, précis. En homme qui sait beaucoup, il n’a nulle défaillance…que de charme dans le calme honnête de ces braves gens.»
Ses Dentellières d’Asnières-sur-Oise, charmant tableau d’une couleur vigoureuse, connaissent aussi un joli succès, au point d’être acquises par l’Etat en 1865; après son exposition au Salon; par la suite, elles enchanteront les visiteurs de l’Exposition universelle de 1867, puis celle des Beaux-Arts de Munich en 1879, avant de charmer pendant longtemps les habitués du Musée du Luxembourg, entre 1866 et 1892; le tableau sera déposé ensuite à la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur. Des travaux de restauration le retiendront plus tard au Louvre entre 1958 et 1967, pour qu’enfin il soit offert aux regards du public dans toute sa beauté au Musée d’Orsay. On fait remarquer dans Le Temps du 6 juin 1865, que l’on peut y voir le curé d’Ecouen, mais « dont les mains sont à peine ébauchées » il s’agissait de l’abbé Chevallier, celui qui écrivit un ouvrage très documenté sur la ville d’Écouen, et qui récupéra le socle de la statue équestre du Connétable, fondue à la Révolution, pour la faire déposer dans les fondations du nouveau porche de l’église Saint-Acceul.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXe siècle »

Forgeron
Curé_dédié à Léon Dansaert
Enfant endormi

Guillaume Seignac

Rennes, 25 Septembre 1870 – 1924, Paris

Fils cadet de Paul Seignac, il naît à Rennes où la famille s’est repliée avec ses quatre premiers enfants pour se mettre à l’abri des événements de 1870. Son enfance à Ecouen, au contact de son père et au milieu de ce groupe d’artistes talentueux et épanouis, a dû orienter tout naturellement son choix de devenir peintre à son tour.

Sa formation, il l’acquiert successivement dans trois ateliers: celui de Tony Robert-fleury (1837-1911), de Gabriel Ferrier (1847-1914) et enfin – et cet apprentissage là a une influence considérable sur sa carrière – il étudie avec William Bouguereau (1825-1905). Ce dernier est l’un des meilleurs peintres de l’anatomie humaine.

Guillaume Seignac se spécialise aussi dans la peinture du nu, qui est devenue moins traditionnelle, pour gagner en frivolité. On continue néanmoins à la désigner sous le nom de peinture académique qualifiée parfois d’art pompier  et elle réserve une première place au dessin, qui prend le pas sur la couleur. Quelques unes de ses oeuvres sortent de ce cadre: un peu inattendu, ce « Jésus au milieu des docteurs ». Cette autre durant la guerre 1914-1918, où il illustre une affiche destinée à lever un emprunt pour financer des achats d’armes ou encore cette jeune alsacienne criant un « Enfin ! » de joie au moment de la victoire de 1918.

En 1906, il fait don à la commune d’Ecouen d’un tableau intitulé « la Muse », à l’expression familière et qui ne semble devoir à l’antiquité  accentuée que le drapé de son vêtement.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXe siècle »

guillaume seignac_auto-portrait
La muse