Joseph Athanase Aufray

Paris, 4 Avril 1836 – vers 1885

Elève de Félix Joseph Barrias (1822-1907), il s’installe à Ecouen avec son épouse Marie Turin, de onze ans sa cadette. On trouve l’annonce de leur mariage dans le Petit Journal du 15 Avril 1866. Leur maison, rue de la Grande-Fontaine, est encore une des plus belles demeures de la ville, même si la verrière de l’atelier a disparu. L’année de son mariage, il participe au salon de Paris où il expose Les dragées de baptême et Le Chapeau de papier. Le critique Charles Yriarte, dans son compte rendu de l’Exposition des Beaux-Arts, salue ce nouvel artiste: « C’est un jeune peintre, débutant dont nous avons choisi l’oeuvre parce qu’elle est l’empreinte d’une certaine rêverie qui concordait avec une harmonie et une grande richesse de ton. Au fil de l’eau, cela ne se raconte pas; ce n’est pas à proprement parler un sujet, et pourtant il se dégage de là une grande poésie. M. Aufray n’a pas été médaillé, mais ce sont cependant d’heureux débuts« .

Il est invité au Salon presque tous les ans jusqu’à sa mort. L’étranger l’accueille également: Cologne en 1873 et Londres en 1876. C’est peut-être à cette occasion qu’il rencontre Charles Dickens, car on trouve en décembre 1869 une photographie, publiée chez Robert Hindry Mason, représentant l’écrivain et ses deux filles, colorisée par Joseph Athanase Aufray et en 1878 une illustration d’une nouvelle de l’auteur anglais l’Embranchement de Mugby. Cet artiste réaliste fut « distingué  » par Emile Zola dans ses commentaires sur le Salon de Paris de 1866. Théodore Véron, critique d’art, juge qu’il « est en progrès réel sur ses précédents salons » et salue sa note gaie et spirituelle en 1876: il s’agit d’une toile intitulée la Dernière touche représentant une petite fille en train de barbouiller un tableau réalisé par son père! Quittant Ecouen, il s’établit à Montmorency.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXe siècle »

Mère et enfant dans la neige
Aufray_Le ruisseau

Michel Arnoux (Arnoux Auguste Michel, dit)

Paris, 11 Novembre 1833 – 14 Juillet 1877, Ecouen

Ce peintre, moins connu que les autres artistes de l’Ecole d’Ecouen, présente une originalité quant à son nom. En effet, il a inversé son patronyme et pris l’un de ses prénoms Arnoux, peu commun, afin sans doute d’avoir un nom de peintre moins banal que Michel.

Il nait au village de Belleville (pas encore rattaché à Paris) et devient l’élève de Louis Cogniet (1794-1880), de Léon Dansaert et de Pierre Edouard Frère. Comme ses maîtres, il se faire remarquer par la facture réaliste de ses toiles, en particulier au salon de Paris de 1886 avec deux tableaux: la Lecture du Petit Journal de 1866 et la Jeune mère. Entre 1864 et 1877, une vingtaine de ses oeuvres est retenue pour le grand salon. Ses toiles représentent toujours des scènes de la vie quotidienne, la Leçon de lecture, la Cruche cassée, etc. , souvent inspirées par sa ville d’Ecouen, où sa présence est attestée lors du recensement de 1873: il est l’époux de Clémence Amélie Cochu.

Propriétaire, il habite au numéro 19 de la rue d’Ezanville (actuelle rue Paul Lorillon), une vaste demeure sur le côté droit de laquelle on peut voir encore aujourd’hui la belle verrière de son atelier. Bien intégré dans la communauté des peintres du village (Léon Dansaert est témoin à la naissance de l’un de ses enfants), il y meurt à 44 ans.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXe siècle »

Pierre Edouard Frère

Paris, 10 Janvier 1819 – 23 Mai 1886 Ecouen

A Ecouen, à une quinzaine de kilomètres au nord de Paris, un peintre vient s’installer. Il s’agit de Pancrace Bessa, spécialiste de la peinture botanique et des oiseaux, arrivés 1830 rue de la Beauvette (actuelle rue Auguste-Schenck). Pierre Edouard Frère l’a-t-il  rencontré dans la capitale ?  C’est une hypothèse vraisemblable, même si on ne peut la confirmer. La colonie des peintres d’Ecouen est, en effet, déjà en gestation: les premiers éléments se réunissent proche de l’actuelle gare du nord, au 18 de la rue de Chabrol. Autre hypothèse : une venue dans le village lors de son repérage pour l’illustration du livre “Les mystères de Paris” d’Eugène Sue (1804-1857).
Proche des milieux romantiques durant sa jeunesse, puis influencé par les idées socialisantes de Charles Fourier (1772-1837), il choisit de peindre le monde paysan. Ce sera la « peinture de genre », avant l’arrivée de l’impressionnisme.

Pierre Edouard Frère s’installe dans ce village vers 1847, dans une petite maison campagnarde qu’a peinte Léonide Bourges (1838-1909), l’amie de Charles-François Daubigny. Demeure modeste au toit de chaume, au sol de terre battue, c’est ainsi que Madame Frère décrit à Cornella W. Conant, peintre américaine de passage à Ecouen, sa première demeure, mais en en vantant le charme rustique. En 1865, le succès venant, le peintre édifie la villa Gabrielle (second prénom de son épouse), rue de Paris (actuelle rue du Maréchal-Leclerc), grosse maison bourgeoise (aujourd’hui collège Sainte-Thérèse), sur une pièce de bois de 2 ha et 49 ca, moyennant 23390 F. Un grand nombre d’artistes français et étrangers viennent le rejoindre dans sa campagne.

Auprès de Paul Delaroche (1797-1856), il a appris la représentation réaliste des personnes et des choses; à Ecouen, il trouve les scènes de la vie quotidienne rurale qu’il a chaque jour sous les yeux. Cornelia W. Conant, qui l’a côtoyé, le décrit quittant sa maison dès huit heures du matin, peignant dans une petite charrette avec un toit par mauvais temps, se couvrant de peaux de moutons (peut-être ceux d’Auguste Schenck, son complice), ou bien se rendant chez les habitants qui le connaissaient bien, afin de saisir des attitudes au travail ou des intérieurs typiques de la vie simple et parfois misérable de ses concitoyens. Il ne peint pour ainsi dire jamais dans son atelier. Pour récompenser les enfants, qu’une femme de la maison maintient sévèrement, une badine à la main dans la pose exigée par l’artiste, il leur donne une pièce de un franc comme salaire. Mais la scolarité obligatoire imposée en 1883 apporte quelques obstacles à sa tâche vers la fin de sa vie. Quant aux parents, ils ont droit, eux, à une somme comprise entre deux et cinq francs. Les volontaires ne manquent pas. La même artiste américaine évoque une certaine mère Cocotte, figure locale, qui a été son modèle pendant quarante ans, de la paysanne pleine de vigueur à la vieille femme de quatre-vingts ans.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXe siècle »

La robe rouge
La prière
Village sous la neige
Soeurs Formstecher
Jeune fille assise
Bataillon scolaire
PE Frère parle de Gambart
La glissade