Glückstadt, Allemagne, 23 Avril 1821 – 28 Décembre 1900, Ecouen

Il nait à Glückstadt, ville Danoise annexée ensuite par la Prusse, province du Schleswig-Holstein. Il est le fils de Jakob et Christine Granso. Il débute sa carrière comme commerçant et tente, en particulier, de faire fortune en Angleterre puis au Portugal où il demeure cinq ans, vendant du vin à Porto. Ruiné, il revend ses caves et il arrive en France, à Paris tout d’abord, puis à Villiers-le Bel, en 1861, et enfin à Ecouen, vers 1862. Plus tard, même à l’époque de sa gloire, en tant que peintre, il reste homme d’affaires en s’associant avec un dénommé Jean théodore Coupier, domicilié à Paris, spécialisé dans la fabrique de matières colorantes pour la teinture, dérivées du goudron de houille, et ce entre 1875 et 1882. A varsovie, le 23 Août 1850, il épouse Louise Emilie Stapaczjuska.

Il s’adonne ensuite à la peinture, en amateur pour débuter, et devient l’élève, comme beaucoup, de Léon Cogniet (1794-1880), qui lui enseigne la reproduction réaliste, sur toile, d’animaux, ce qui lui vaut une médaille en 1865, et quelques compliments d’Emile Zola, dans ses critiques du Salon de 1866, surpris de voir comment les modèles ressemblent aux représentés sur la toile, en particulier cette année là, et  exceptionnellement des chevreuils : « Les chevreuils de M. Schenck sont bien dessinés, ils se groupent très joliment dans une composition ingénieuse. Je me demande seulement si leurs corps ne devraient pas s’enlever avec plus de vigueur sur fond de neige » Il est un  peu plus sévère avec d’autres modèles ; « Le troupeau du même artiste m’oblige à répéter les reproches que j’adressais tantôt aux peintres allemands. Trop de procédé, un travail trop convenu et trop facile. On en a treize à la douzaine de ces moutons-là ». Sa marque de fabrique est devenue avec le temps la peinture des moutons. On raconte, et de nombreux en ont été témoins, que dans sa vaste propriété, disparue depuis, en haut de la rue de la Beauvette, qui aujourd’hui porte son nom, il élevait des animaux et en particulier des moutons, modèles qu’il avait ainsi sous la main, ceux qu’Emile Zola, en personne, a vus lors de sa venue à Ecouen : « On poussa devant nous la clôture d’une étable où M. Schenck nourrit quelques uns de ses modèles. C’était une rude épreuve qu’un tel rapprochement pour l’oeuvre d’un peintre: Il avait réussi brillamment. Le spectacle de l’étable était le contre-point de la peinture« . Beau compliment de la part du chef de file du mouvement naturaliste. Des journalistes visitent son domaine. Louis Enault écrit dans la Presse du 28 Mai 1880 : « Ainsi connait-il mieux que personne leurs allures habituelles, leurs attitudes de prédilection et le jeu mobile de leurs physionomies« . des séjours prolongés en Auvergne lui inspirent une foule de tableaux figurant des moutons, le plus souvent pris dans une tempête de neige,  » les toisons frissonnantes et soulevées, très émouvant, très pathétique et très vrai« , conclut le même journaliste.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXème siècle »