Du rififi chez les peintres d’Ecouen :

Alors qu’en 1853, Pierre Edouard Frère dans une de ses lettres parle de « l’ami Lambinet » et de rencontre amicale à Ecouen où les peintres se côtoient.
Il n’en va plus de même en septembre 1858.
Il semble que des paroles de Charles Théodore Frère, le frère pas encore orientaliste, aient été mal interprétées. Dans une période de vente difficile, aurait-il fait une allusion à la réputation dépensière de Lambinet en disant « nous allons crever de faim » ? Toujours est-il que la brouille s’envenime et que le ton monte dans un échange de lettres adressées à Beugnet, le galeriste des trois artistes.
Lambinet accuse Théodore de chercher à brouiller tout le monde, mais c’est surtout à l’encontre d’Edouard qu’il se montre le plus virulent ; « Sale jésuite » lui assène-t-il. Puis il s’en prend à son épouse : « comme elle va être humiliée sa vieille bique », puis « sa vieille lui dit sans doute : « travaille malheureux ou tu n’auras pas de maman au dodo ; travaille pour payer ton loyer au 15 juillet. Tu n’auras pas Lambinet pour te prêter de l’argent, travaille…travaille pour payer mon manteau de velours, mon crêpe de Chine, mon chapeau…travaille encore pour payer toujours à Léonide Bourges les Diaz, les Dupré, les Ziem, etc. de ta galerie » (celle de Beugnet). Duverger, l’ami de Frère, en prend aussi pour son grade, accusé d’être un pâle imitateur.
Lambinet partira à Barbizon peu de temps après. »