Suisse, Caslano, 16 Juillet 1841 – 7 Avril 1914, Paris

Né en Suisse à Caslano, dans la partie Italophone, Luigi Chialiva est le fils d’Abbondio Chialiva et de Maria Medina. Sa famille, assez fortunée, était très engagée dans la vie politique et fut obligée de s’exiler au Mexique avant de rentrer en Italie. De 1842 à 1865, il habite la villa Tanzina à Lugano, où il aperçoit des hommes politiques influents, tels Mazzini ou Cattaneo.

Très jeune porté vers l’architecture, il devient l’élève de Gottried Semper (1803-1879), réfugié politique en Suisse. Il fréquente  entre 1859 et 1861 l’Institut Polytechnique de Zurich et l’Atelier du peintre paysagiste Antonio Fontanesi (1818-1882) pour la peinture de 1861 à 1863, à Milan. Au cours de ce séjour, il rencontre Richard Wagner (1813-1883) qui l’impressionne fortement et dont il devient l’admirateur. Ce goût pour l’architecture l’amena, quelques années plus tard, à s’associer au projet de maison de Sézille, maison qui existe encore rue du Maréchal-Leclerc à Ecouen, pour assurer la décoration.

Bien qu’architecte en 1861, il abandonne ce métier en 1864 et se passionne désormais pour la peinture. Il suit alors les cours de Carlo Mancini (1829-1910) en 1863 et 1864 (on ne trouve pourtant pas trace de son inscription, sans doute à cause de l’aspect privé de cet enseignement) et l’Académie de Brera en 1864 où il expose d’ailleurs cette année là. Il participe à des expositions à Milan et à Turin. Il y présente se première toile le Marché aux herbes, sur la place Castello de Milan, puis une quinzaine d’autres entre 1865 et 1870. Après avoir commencé comme paysagiste, il s’oriente vers la peinture animalière.

En 1867, il s’inscrit à l’Académie royale milanaise pour étudier le nu, enseignement qui lui sera très utile. C’est également en 1867 qu’il découvre la France, en allant visiter l’Exposition universelle de Paris avec Ferdinand Heilbuth (1826-1889), un peintre déjà renommé, rencontré à Rome en 1865. Il sera l’un de ses maîtres à partir de 1874 et aussi l’un de ses exécuteurs testamentaires.

Très doué pour la peinture, il obtient dès 1868 le premier prix de la fondation Mylius, où il expose une toile représentant sa basse-court. La mort de son père, à la fin de l’année 1870, accélère son désir de partir pour la France. On sait qu’il a visité l’exposition de Turin avec son ami Ferdinand Heilbuth. Son arrivée à Paris se situe autour de l’année 1872. Il devient l’ami d’Edgar Degas !1834-1917), d’origine italienne par son grand-père, avec qui il s’est lié d’amitié à Rome. Il en subit l’influence picturale et, preuve de son savoir-faire, il lui restaure deux toiles endommagées accidentellement (Intérieur et Le viol). Il fait partie de ses amis, fréquente un cercle d’artistes italiens nommé Circula della polenta, qui comprend, entre autres, Guiseppe De Nittis (1846-1884), auquel se joint parfois Emile Zola (1840-1902) et les frères Goncourt. Il côtoie également Guiseppe Verdi (1813-1901).

Pour plus d’informations, nous vous invitons à lire le livre « L’Ecole d’Ecouen – une colonie de peintres au XIXème siècle »