Voici un épisode raconté par Le Petit Journal du 24 juillet 1868 lors de l’arrivée inopinée de tsiganes à Ecouen.

Tous les peintres de la colonie dont Thomas Couture, Pierre Edouard Frère, Alfred Wahlberg et quelques autres, se rassemblèrent, peut-être désireux de trouver de nouveaux modèles pour leurs toiles. Mais ces pauvres gens se trouvaient dans une situation très pénible : ils avaient été arrêtés par la police et parmi eux, une vieille femme agonisait. C’est alors qu’intervint Auguste Schenck. Le journaliste rapporte ainsi les faits : « Schenck le Danois, qui connaît toutes les langues, tous les idiomes, et je crois même tous les patois de l’Europe(…) fut une véritable Providence pour ces pauvres bohémiens dont il connaissait la langue quelque peu panachée, et grâce auquel ceux-ci purent demander et obtenir tout ce dont ils avaient besoin. Dans leur ravissement, les femmes et les enfants lui baisaient les mains comme à un empereur d’ Orient, et les hommes lui obéissaient comme s’il eût été le chef de la tribu. » Il les accompagna même jusqu’à Pontoise pour leur servir d’interprète le lendemain.

Tel était Auguste Schenck : artiste et homme de cœur.