Pierre Edouard Frère et les galeristes de la rue Lafitte.

Plusieurs galeristes parisiens renommés du XIXe siècle s’étaient regroupés rue Lafitte.
Pierre Edouard Frère sera en relation d’affaire avec eux, d’abord avec Louis Adolphe Beugnet, situé au numéro 10 de la rue. De nombreux tableaux de l’artiste furent vendus dans sa boutique.

On sait que Corot, devenu une valeur sûre sur le marché de l’Art, prêtait volontiers sa signature à des collègues moins fortunés que lui, lorsque les styles présentaient une ressemblance suffisante.
La revue « L’Art contemporain » du 10 juillet 1885, dans un article intitulé « Faussaires », Paul Eudel (1) rapporte qu’il en allait de même avec les peintres d’Ecouen. Ainsi, des tableaux de Léonide Bourges sont devenus des Edouard Frère mais sans l’accord des artistes, cette fois.
Lors d’une exposition d’une collection américaine chez Bernheim-Jeune (2), situé au numéro 8 de la rue, notre fondateur de l’Ecole d’Ecouen a tenu à préciser, sur le panneau descriptif, que le tableau « Une petite fille à sa toilette » n’était pas de lui. Il en a même indiqué l’auteur mais son nom ne nous est pas parvenu.

Enfin nous avons retrouvé une lettre de la main de Pierre Edouard Frère indiquant à Paul Durand-Ruel (situé au n°16 de la rue) qu’il n’avait pas l’intention de lui vendre ses tableaux, préférant les garder dans son atelier. Il faut dire qu’en 1885, un an avant sa mort, il n’était plus dans le besoin depuis longtemps. D’autres galeristes, en effet, avaient assuré sa renommée et sa fortune, en France et à l’étranger (Goupil, Gambart, Walter, etc.).

(1) Paul Eudel, né au Crotoy (Somme) le 20 octobre 1837 et mort le 18 novembre 1911, était un armateur, négociant, collectionneur et chroniqueur d’art français.

(2) La galerie Bernheim-Jeune est l’une des plus anciennes galeries d’art parisiennes. Ouverte en 1863 à Paris par Alexandre Bernheim (1839-1915), elle a entre autres promu les peintres réalistes, impressionnistes et, à leurs débuts, les post-impressionnistes.